Transmission : A. Kalouaz et B. Metiba

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215Ahmed Kalouaz et Brahim Metiba : sous le signe de la rencontre

 

 

 

 

Ils étaient nos invités en ces mois de novembre et décembre pour une série de rencontres avec le public de Villeneuve, autour de leurs textes sur leurs pères et leurs mères*, comme un écho à l'exposition de l'association Ancrage en partage Jeter l'ancre entre Lot et Garonne accueillie par la Bibliothèque.

 

 

Ahmed Kalouaz a rencontré, sur plusieurs jours, des classes du lycée Georges Leygues dans le cadre des projets conduits sous l'appellation « Littérature et société », puis des groupes du Lycée Couffignal, où il a tenu des ateliers d'expression sur le dispositif de parcours culturel proposé par la mairie.

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A travers la figure de son père, dont il retrace la vie des années 1942 à 2002, A. Kalouaz dit parler de tous les pères à cette époque, qu'ils soient algériens, polonais, espagnols ou de province cherchant à s'employer là où il y avait du travail.
Quand on l'interroge sur son origine, il évoque avant tout son lien à la communauté des hommes. Son père était-il harki ? Non, mais cette question a été l'occasion d'un retour sur cette histoire complexe. Sa jeunesse ? Dans un petit village où il a plus parlé le patois du Dauphiné que l'arabe, où les mots de la langue française que ses parents maîtrisaient mal l'ont très vite touché, au point qu'il est devenu poète.

Ni nostalgiques, ni revanchards, ses livres sur sa famille sont comme des « photomatons », des instantanés écrits à un moment précis de sa vie. Voilà, c'était ainsi. Ca se passait comme ça.

Au fond, la question pour lui est peut-être moins de savoir d'où l'on vient que ce vers quoi l'on va et ce que nous devenons.

 

 

 photo B Metiba online

Brahim Metiba a rencontré des détenus du Centre d'Eysses et leur a propose un atelier d'écriture.

Une expérience encore inédite pour lui qui a publié ses textes très récemment. Une rencontre étonnante, véritablement marquée par l'échange et un intérêt réciproque. Et ceux-là même qui annonçaient que l'écriture n'était pas trop leur affaire ont laissé leur stylo courir sur la feuille dès la fin de la première rencontre. Un atelier d'arts plastiques proposée par Astrid Tielemans, plasticienne, se tient en parallèle, comme une autre manière de dire les choses.

 

 Parti d'Algérie à 23 ans après ses études, Brahim Metiba s'est essentiellement questionné sur l'identité : comment se construit-on en tant qu'individu dans une famille où le livre et la parole ont peu de place ? Comment vit-on son homosexualité dans un milieu conservateur ? Comment se situer entre deux pays la France et l'Algérie. Les tentatives de rapprochement avec sa mère au-delà des recettes de cuisine et des chansons chantées ensemble ou de bavardage avec son père à l'occasion d'un trajet en bus sont peut-être vaines. Pour autant il faut continuer d'exister tel que l'on est.

 

 

La similarité entre les deux auteurs s'arrête là : un texte consacré à la mère, un autre au père, la langue qui ne permet pas toujours de communiquer et des silences.

Chacun a son univers propre, une manière d'entrer dans l'écriture, un objectif différent et c'est bien ce qui fait la richesse de la littérature que d'entendre toutes ces voix pour dire le monde.

De ces rendez-vous, dont le dernier, animé par Colette valat, s'est tenu à la bibliothèque en présence d'une bonne trentaine de personnes, nous retiendrons l'idée de la rencontre. Celle du public avec deux auteurs, celle de deux hommes avec des gens. Dans une même réciprocité.

 

Rencontrer l'autre, c'est peut-être un peu se trouver soi-même.

 

 

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 Extraits de la rencontre avec Brahim Metiba et Ahmed Kalouaz.

 

 

Enfin, si vous suivez les conseils d'Ahmed Kalouaz – n'écoutez pas la radio quand vous roulez – peut-être écrirez-vous.

Comme d'autres écrivaient des poèmes de métro, Ahmed écrit des textes de train. Des textes que les rencontres lui inspirent.
Il nous en offre deux, écrits dans le train qui le ramenait vers Avignon.

 

 

 ellelisait Prieure Saint Michel

Elle lisait

 Prieuré Saint Michel

 

                                                                                                                                                                       

* Avec tes mains et Une étoile aux cheveux noirs de Ahmed Kalouaz (Ed. du Rouergue) ; Ma mère et moi et Je n'ai pas eu le temps de bavarder avec toi de Brahim Metiba (Ed. Mauconduit)